Mission Lucien Séguy et Patrice Guillaume en Guadeloupe Mai 2008

Vendredi 16 mai
Préparation (Patrice Guillaume) du programme de la semaine avec les chercheurs de la station
de Neufchâteau (Marc Dorel, Jean-Michel Risède et Philippe Cattan).


Dimanche 18 mai
Accueil de Lucien Séguy et discussion avec Philippe Godon DR Antilles Guyane sur l’objet
général de la mission. Il s’agit d’étudier la possible mise en place de systèmes SCV sur
bananeraie et cannaie susceptibles d’offrir des solutions pour une agriculture « propre » vers
zéro pesticide et des terrains pour une recherche ANR dès 2009.


Lundi 19 mai
Visite des essais « plantes de couverture » conduits sur la station CIRAD de Neufchâteau avec
Max Vingadassalom et Steewy Lakhia, techniciens de l’UR 26 (banane, plantain, ananas) :
couverts de Soja pérenne sous plantations de banane classiques et en rangs jumelés.
− Observation des difficultés d’implantation du soja sur un sol labouré puis émietté
exposé à l’érosion dès la première pluie, qu’on tente de désherber à la herse : tout le contraire des SCV ! D’où recommandation par Lucien Séguy d’un herbicide adéquat
(Bentazone). Cependant il serait possible de s’affranchir d’un désherbage fastidieux et polluant par un couvert d’Arachis pintoï par exemple, qu’il convient de réaliser avant
la plantation de la bananeraie et non après, et par bien d’autres solutions « propres »
qui seront exposées dans le rapport de L. Séguy à venir.
− Observation également d’une flore caractéristique des sols saturés en eau (Cyperacées,
genres Echinochloa, Peperomia,etc…) conduisant à recommander l’installation d’un
couvert de plantes possédant un fort enracinement pivotant qui créera un effet chasse
d’eau dans le sol. La meilleure aération du milieu ainsi obtenue, aurait probablement
un effet contre la cercosporiose du bananier et les maladies cryptogamiques en
général.
Visite des essais couverture de Soja pérenne chez un agriculteur de Capesterre Belle Eau, M.
Tino Dambas, planteur de banane. Le soja pousse bien mais sa croissance est mal maîtrisée et
nécessite une opération de détourage manuel des bananiers. Ici encore le sol bien que
naturellement très filtrant porte une flore indicatrice d’une faible aération qui favorise
probablement les maladies fongiques comme la cercosporiose.
Discussion avec Philippe Cattan, agronome UR 26, sur les questions de pollution des bassins
versants et le devenir des produits phytosanitaires via les processus de ruissellement et de
drainage vers les nappes et les cours d’eau.
Évocation du cas de la chlordécone bloquée sur les complexes argilo humiques des sols que
Lucien Séguy pense pouvoir dégrader au moyen du développement d’une intense et
diversifiée activité biologique du sol générée par des couverts végétaux à forte
multifonctionnalité conduits en semis direct (essais à mener). Ces couverts végétaux sont
connus et maîtrisés et ont permis l’obtention de résultats spectaculaires en phytoremédiation
au Brésil (cf. rapport mission Séguy à venir et « La symphonie inachevée … », Séguy, mai 2008).


Mardi 20 mai
Discussion avec les chercheurs de l’UR 26, Marc Dorel et Jean-Michel Risède suite à la visite
de la veille. Exposé de leur motivation première pour la mise en place de plantes de
couverture, à savoir la lutte contre le nématode inféodé au bananier Radopholus similis.
Exposé des difficultés à implanter et gérer des plantes de couverture sous bananiers. Lucien
Séguy explique qu’il faut d’abord réaliser le couvert végétal puis planter dessus les vitroplants
de banane et supprimer tout travail du sol.
Présentation par Lucien Séguy des résultats obtenus au Brésil et du concept SCV, approche
scientifique holistique de la recherche action en agronomie pour une agriculture performante
et durable (respectueuse de l’environnement, non polluante) offrant ainsi des dispositifs
expérimentaux fiables et rigoureusement maîtrisés aux recherches thématiques plus
fondamentales pour en « démonter » les mécanismes fins.
Tournée herborisation sur le site de Neufchâteau pour constater que beaucoup de plantes
utiles dans les SCV sont présentes sur place (Éleusine et ses racines entourées d’un manchon
de mycorhizes, Arachis pintoï, Pueraria, Brachiaria decumbens, Crotalaire, Axonopus,
Sesbania…).
Visite du garage matériel agricole où il est constaté qu’aucun équipement actuel n’est adapté à
la mise en place de SCV (d’où les difficultés rencontrées sur les essais soja pérenne en station).


Mercredi 21 mai
Visite avec Marc Dorel des parcelles de jachères cultivées (Brachiaria decumbens) chez M.
Tino Dambas à Capesterre Belle Eau (100m d’altitude). D’après L. Séguy ce n’est pas la
variété la plus performante mais c’est un bon début… Cependant pourquoi ne pas valoriser ce
champ avant d’y replanter une bananeraie (sans travail du sol, en plantation directe
évidemment ce qui ne s’est jamais fait en Guadeloupe) en y laissant pâturer des bovins au
piquet (attention il faut les retirer 45 jours avant la plantation des bananiers pour laisser la
couverture du sol se reconstituer ; cf. rapport L. Séguy à venir)
Rapide mise en perspective par Lucien Séguy de ce qui pourrait être fait en Guadeloupe en
intercalaire de bananes, cultures de riz aromatiques (3 à 7 t/ha possible avec les variétés poly
aptitudes) ou de maïs pour une consommation de bouche, en épis. Enthousiasme de la part du
planteur !
Visite d’une bananeraie de montagne à Matouba (700 m d’altitude) appartenant au Président
de l’Union des Producteurs de banane de Guadeloupe, M. Francis Lignière. Il s’agit d’une
culture menée sans herbicide avec un très spectaculaire (et très beau) couvert d’Impatiens.
Pour Lucien Séguy c’est un bel exemple de SCV qu’on pourrait valoriser en plantant en
mélange d’autres fleurs à vendre coupées (Cosmos…cf. rapport L. Séguy à venir). Des
repousses de café arabica sous ces bananiers prouvent que les systèmes élaborés et hautement
productifs existaient anciennement dans cette zone de montagne. On observe toujours la
même flore révélatrice de sols saturés en eau laissant supposer que la plantation de couverts à
fort enracinement pivotant pourrait permettre de mieux ré-oxygéner les sols et par là même,
d’alléger la pression de la cercosporiose. Un essai sans traitement aérien fongicide évoqué
avec le président Lignière génère cependant une certaine crainte…
Visite des essais plantes de couverture menés sur la station de Vieux Habitants sous agrumes
avec deux VCAT en l’absence du chercheur Fabrice Le Bellec (en mission à Montpellier).
Ces essais ont pour objectifs de rechercher une couverture pérenne en terrain non mécanisable
sans recourir aux herbicides d’une part et de préserver des refuges pour une faune auxiliaire
utile d’autre part. Un essai grandeur nature conduit sur un terrain très pentu chez un
agrumiculteur qui a installé un couvert de soja pérenne pour lutter contre l’érosion et
l’enherbement, révèle la forte concurrence exercée pour l’eau par le soja aux dépens des
clémentiniers en saison sèche. Une meilleure maîtrise de la conduite des couverts et
éventuellement un choix différent de plantes (actuellement Soja pérenne et Cynodon dactylon)
au regard des objectifs fixés, permettraient certainement de bénéficier de fonctionnalités
supplémentaires de l’installation de couverts permanents en arboriculture fruitière.

Jeudi 22 mai
Visite de plantations de canne à sucre avec Philippe Oriol, sélectionneur canne (UR 75). Tout
d’abord en Est Grande Terre sur le faire valoir direct de Gardel : observation de labours
profonds retournés laissant des mottes de 0.5 m de diamètre, à surface lissées qu’il sera
quasiment impossible de réduire sans gravement en altérer la porosité avant de procéder au
sillonnage et à la plantation de nouvelles boutures de canne. Bel exemple de ce qu’il ne
faudrait plus faire si l’on désire éviter la perte de carbone et d’azote dans l’atmosphère et la
destruction du système de porosité des vertisols, gage d’aération et siège d’une réserve en eau
facilement utilisable.
De tels travaux au demeurant fort consommateurs d’énergie pourraient être remplacés par une
plantation directe sur l’épais paillis de canne (10 à 15 t/ha) qui tapisse le sol après la dernière
récolte comme on l’a observé en nord Grande Terre en zone sèche (1000 mm/an) aussi bien
qu’en nord Basse terre plus arrosée (1800 mm/an). Il suffirait de tuer les repousses au
glyphosate puis de sillonner l’ancien interligne sur paillis avec un outil adéquat pour obtenir
une nouvelle plantation sur ce couvert mort. Le sol serait ainsi protégé contre l’évaporation et
les adventices, et conserverait tout le système racinaire du cycle de canne précédent formant
un réseau de pores précieux.
Lucien Séguy se renseignera dès son retour au Brésil sur la disponibilité d’une machine
capable de couper le paillis sans provoquer de fréquents bourrages, avant le passage d’un
corps billonneur dans l’axe de la coupe et enfin la dépose des boutures au fond du sillon ainsi
ouvert.
Philippe Oriol nous informe d’une demande pressante de l’INRA Antilles Guyane pour une
production de canne biologique en vue de labelliser un jus de canne « bio ». La mise en œuvre
de SCV canne peut sans doute répondre à ce souhait et même se rapprocher d’une production
généralisée de sucre bio, en tout cas propre, sans résidu agro toxique, puisqu’il serait possible
de se passer d’herbicide et de réduire considérablement les apports d’engrais via des couverts
capables d’enrichir le sol en azote et de recycler efficacement les nutriments essentiels.
Par ailleurs des inter-cultures à haute valeur ajoutée pourraient être implantées en semis direct
entre deux cycles de canne successifs comme du riz pluvial, du maïs (production en épis) au
moyen de semoirs de semis direct qu’on pourrait importer du Brésil.
En fait un très grand nombre de systèmes pourraient être conduits en Guadeloupe qui dispose
de sols riches en matière organique et d’une forte pluviométrie. Y produire beaucoup plus de
denrées alimentaires qu’aujourd’hui n’est pas une utopie et les SCV offrent des solutions
insoupçonnées pour un développement durable de l’agriculture guadeloupéenne (L. Séguy à venir).


Vendredi 23 mai
Synthèse de la semaine avec Marc Dorel et Jean-Michel Risède
Un premier point essentiel concerne le nécessaire équipement en matériel SCV que le
CIRAD Guadeloupe doit acquérir.
− L’achat d’un semoir SEMEATO précis adapté à l’expérimentation (petites parcelles et
contrôle fin du nombre de graines et de leur espacement sur la ligne) est indispensable.
− Un rouleau équipé de cornières destiné au contrôle des couverts est le second outil de
base. Il permet de casser, de mâcher les couverts, pour éviter leur développement trop
important avant la mise en place de la culture principale. Cette intervention mécanique
peut le cas échéant être complétée par une application de glyphosate faiblement dosé
ou une solution de KCL à 25% (solution « propre « issue » des travaux de L. Séguy et
S. Bouzinac sur l’ingénierie écologique au Brésil, 2007)
− En troisième lieu un outil spécialisé canne à sucre pourra être acheté afin de mettre en
œuvre très rapidement la technique de plantation directe de la canne sur paillis, cela
plutôt par une CUMA que par le CIRAD d’ailleurs, pour un outil adapté aux grandes
parcelles commerciales. Cependant un modèle plus petit pourrait servir aux essais
CIRAD en et hors station.
Lucien Séguy se chargera de contacter les fabricants brésiliens et d’obtenir des devis
avantageux.
Quelques propositions schématiques de systèmes sont ensuite passées en revue, en avant
goût du rapport de Lucien Séguy qui les détaillera bien évidemment.

Les principes généraux des SCV sont rappelés, insistant notamment sur la nécessité
d’implanter le couvert avant la culture principale et non l’inverse comme cela a été vu sur les
premiers essais conduits en Guadeloupe (ex. Arachis pintoï sous banane qui permet non
seulement de contrôler les adventices mais aussi de profiter de la capacité de cette plante à
stocker de l’azote dans le sol). Il importe aussi de ne pas planter sur un couvert important de
graminées desséchées avant 45 jours pour passer le pic d’immobilisation de l’azote initial.
Ainsi pour contrôler les adventices et les nématodes et apporter de l’azote sur des systèmes
pérennes (banane) on pourra implanter des couverts à base, par exemple de :
− Arachis pintoï et Arachis repens qui supporte l’ombre.
− Centrosema pascuorum qui fixe N et est très compétitif (joue le rôle d’herbicide
naturel en dominant les autres adventices).
− Stylosanthes guianensis CIAT 184 extrêmement compétitif et hautement fixateur
d’azote (qu’il est aisé de contrôler sans herbicide au moyen d’un rouleau à cornières)
− Graminées pour lutter contre le nématode Radopholus similis comme Brachiaria
ruziziensis, le riz, Axonopus (qui pousse à l’ombre et domine toute la flore adventice
sans entretien).
− Des associations Brachiaria ruziziensis plus Cajanus Cajan ou Stylosanthes CIAT 184
pourraient être implantées dans les grands interlignes de banane profitant de la
puissance de leur système racinaire pivotant pour aérer le sol et stocker de l’azote.
− Soja et Pueraria phaseolides (fixateur d’azote) ou calopogonium munucoides maîtrisé
au rouleau peuvent aussi être employés.
Mais il est aussi plus efficace de construire des systèmes qui offrent un revenu supplémentaire
aux agriculteurs tout en apportant les fonctionnalités agronomiques recherchées (lutte contre
adventices, lutte contre nématodes, fixation d’azote, amélioration de l’aération du sol).
− C’est ainsi qu’on peut penser à des systèmes de couvertures sous bananier incluant des
plantes annuelles valorisables : riz de mars à juin puis maïs associé avec Stylosanthes,
Brachiaria, Sésame (anti nématodes et fourmis manioc), Éleusine coracana, Soja
graine. Grâce à ces graminées (riz et maïs) et au soja, L. Séguy est certain qu’il est
possible, dans les cas extrêmes, de désherber efficacement et préventivement les
bananeraies en utilisant les produits autorisés sur ces grandes cultures (alachlore,
fusilade, bentazone, clincher (tue toutes les graminées sauf riz),…). Une étude de
marché sur riz et maïs en Guadeloupe pourra utilement être conduite avec des
agriculteurs et les pouvoirs publics.

L. Séguy proposera des couverts végétaux (communautés de plantes) dont on analysera, sur
les matrices expérimentales qu’il conviendrait d’installer, la multifonctionnalité effective au
regard des contraintes biologiques des sols (nématodes, coléoptères, pollution par les
agrotoxiques tels que la chlordécone) et l’amélioration de leur fertilité d’origine organobiologique sous culture. Enfin, des produits issus de l’écologie microbienne de même que des
composts devront être testés pour booster les fonctions agronomiques recherchées au sein des
systèmes SCV.
La question de l’importation de semences et de leur multiplication est évoquée sachant que
nombre de plantes utiles sont déjà présentes en Guadeloupe et pourraient être récoltées et
multipliées (Sesbania, Crotalaria, Cajanus cajan, Arachis pintoï, etc…). Marc Dorel et JeanMichel Risède vérifieront les conditions d’importation de semences auprès du GNIS
(Groupement National Interprofessionnel des Semences) qu’ils connaissent bien et pensent
pouvoir convaincre d’autoriser, à des fins expérimentales, un grand nombre de plantes. Lucien
Séguy établira une liste de graines et proposera des mélanges (penser au blé noir dont l’effet
herbicide est puissant) à nos collègues de Guadeloupe. Enfin la multiplication de semences
devra être effectuée en Guadeloupe sur des parcelles réservées à cet effet chaque année.
Cela amène le sujet de la disponibilité en main d’œuvre et des compétences nécessaires pour
se lancer dans les SCV en Guadeloupe. Les chercheurs et techniciens en place n’auront peut
être guère de temps à consacrer à ces dispositifs même si l’on mise à fond sur la mécanisation
des opérations. Pour Lucien Séguy il est essentiel d’appuyer les équipes guadeloupéennes par
des spécialistes SCV et ainsi éviter perte de temps, tâtonnements inutiles et échecs. Une
analyse des compétences « ciradiennes » en la matière devra être établie afin de former des
techniciens en Guadeloupe aussi rapidement que possible (Lucien Séguy, Roger Michellon,
Serge Bouzinac, Patrick Técher … ?).
Enfin, lors d’une discussion avec la Présidente du Centre INRA Antilles Guyane, Danielle
Célestine-Myrtil-Marlin, l’intérêt pour les SCV de la communauté scientifique agronomique
guadeloupéenne qu’elle représente, s’est exprimé clairement.
L’INRA locale est demandeur d’une collaboration soutenue avec le CIRAD sur les SCV.
En effet nos deux organismes sont soucieux d’apporter à l’agriculture guadeloupéenne des
réponses au défi posé par son développement, à savoir couvrir la plus grande part possible des
besoins alimentaires de la population par des productions locales de haute qualité sanitaire et
nutritive, comme le souhaitent le Conseil Régional et les pouvoirs publics. L’exemple de la
production de jus de canne biologique évoqué par Danielle Célestine est une illustration
récente de cette demande de la société.
Le Directeur Régional du CIRAD, Philippe Godon, rappelle que sa lettre de mission, cosignée
par les DG INRA et CIRAD, lui donne mandat de développer le partenariat entre nos deux
institutions, ce qui permettra de renforcer la collaboration engagée de longue date.
Les bases de réflexion sont les suivantes :
− Les dispositifs SCV sont élaborés et mis en place par le CIRAD pour comparer une
large diversité de systèmes fondés sur des associations de plantes de couverture et de
culture variées, en première approche sur banane et canne.
− Les dispositifs installés en station sur les sites du CIRAD et/ou de l’INRA (par
exemple domaine INRA de Godet en canne où un protocole est signé depuis plusieurs
années) mais également chez des agriculteurs à qui on pourrait louer des parcelles,
seront des terrains maîtrisés qui allient recherche action et recherche scientifique plus
fondamentale. Les sujets ne manquent pas sur lesquels des équipes pluridisciplinaires
et pluri organismes pourront œuvrer dans des projets construits en commun. Flux
d’eau et d’oxygène, bilan carbone et azote, biologie du sol, suivi des xénobiotiques,
compréhension du rôle des communautés de plantes (« démontage » du réacteur
biologique), adventices, impact sur les populations de ravageurs et sur les maladies…
On propose ainsi des solutions aux questions posées par le développement de l’agriculture
guadeloupéenne dont la mise au point est éligible sur les financements régionaux et européens
(FEADER). On crée par là même des terrains expérimentaux où des travaux de recherche sont
éligibles aux financements ANR et PCRDT en partenariat avec INRA, IDR et autres.
Par ailleurs, ces travaux sur les SCV menés en Guadeloupe pourront être valorisés dans
l’ensemble de la zone caraïbe où nombre de petites îles indépendantes sont contraintes
aujourd’hui d’importer quasiment tous leurs aliments de la zone d’influence des États Unis,
sans parler du cas d’Haïti qui doit faire face à des problèmes plus difficiles encore. Des
partenariats en recherche pourraient en outre être noués avec l’université des West Indies (Trinidad).


Montpellier, le 02 juin 2008
Patrice Guillaume

Les sols peuvent-ils être les superhéros du climat ?

https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine/202312120600-les-sols-peuvent-ils-etre-les-superheros-du-climat
Lien vers le podcast…..https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine/202312120600-les-sols-peuvent-ils-etre-les-superheros-du-climat

Pourquoi les sols sont-ils si importants quand on parle de climat ? Quelles sont les menaces qui pèsent sur eux, et donc sur notre avenir ? Et surtout, comment faire pour les protéger et en faire des alliés ?

Marc-André Sélosse est professeur au Muséum d’histoire naturelle, microbiologiste et auteur de nombreux ouvrages, dont « L’origine du monde, Une histoire naturelle du sol à l’intention de ceux qui le piétinent » (Actes Sud)

  • Cet épisode a été produit par Cécile Cazenave et réalisé par Amandine Robillard. Musique originale : Amandine Robillard.

Les légumineuses : bonnes pour notre santé et celle de la planète

https://theconversation.com/les-legumineuses-bonnes-pour-notre-sante-et-celle-de-la-planete-216845

Haricots rouges, flageolets, lentilles, pois cassés, pois chiches… les légumineuses forment une famille de plantes aux déclinaisons aussi comestibles que multiples. Ces légumes secs dont les graines sont contenues dans des gousses n’ont cependant pas toujours la cote. Pourtant le développement de leurs cultures et de leur consommation aurait des bienfaits à la fois pour notre santé, celle des animaux, celles des écosystèmes et celles de la planète Terre. Voici comment.

Commençons par un constat : la culture et les usages des légumineuses ont fortement régressé en Europe au cours du 20ème siècle. En France, la consommation de légumes secs est passée de 7,3 à 1,4 kg/personne/an entre 1920 et 1985. Aujourd’hui, à peine un Français sur deux déclare en consommer au moins une fois dans la semaine. Les surfaces cultivées de légumineuses pour l’alimentation humaine peinent à se développer (moins de 1 % des surfaces de grandes cultures). L’intensification agricole amorcée depuis les années 1950 a globalement conduit au déclin de leur culture. De manière concomitante, notre consommation de viande a augmenté pour apporter de plus en plus de protéines.

Plus de légumineuses dans les champs

Comme elles fixent l’azote de l’air, les légumineuses ne nécessitent pas d’apport d’engrais azotés de synthèse. En rotation avec d’autres cultures, les légumineuses permettent aussi de restituer plus d’azote aux cultures suivantes que les espèces non fixatrices. Elles contribuent ainsi à améliorer la fertilité chimique et biologique du sol, ce qui permet de réduire le recours aux engrais pour les cultures suivantes.

La culture des légumineuses permet aussi d’allonger les rotations de culture, ce qui contribue à réduire l’utilisation des pesticides et facilite la gestion des mauvaises herbes. Tous ces effets vertueux au champ ont un impact également positif à l’échelle planétaire avec moins d’émissions de gaz à effet de serre (GES) du fait d’un moindre besoin en engrais azotés de synthèse. Par exemple, remplacer une culture de céréale par du pois et/ou du soja dans le cas d’une rotation de trois à cinq ans, permet de réduire de 20 % les apports d’azote de synthèse, de 80 % la formation d’ozone, de 90 % l’eutrophisation des eaux et des GES, et de 15 % l’acidification des océans.

Fleur de féveroles pollinisée. INRAE, Fourni par l’auteur

Plus de légumineuses dans l’auge

Nourrir le bétail avec certaines légumineuses riches en tanins, comme le sainfoin, permet également de se passer d’antiparasitaires, de réduire ainsi les résidus de produits vétérinaires dans les écosystèmes, et donc les nuisances pour la santé humaine.

Développer la culture de légumineuses en France pour nourrir le bétail permettrait également de réduire la déforestation provenant des tourteaux de soja massivement importés en Europe pour l’alimentation des élevages, et par conséquent les externalités associées (gaz à effet de serre, érosion de la biodiversité, risque de zoonoses). Enfin, nourrir les cheptels avec des légumineuses fourragères permet de réduire les émissions de méthane du fait d’une meilleure digestibilité que les graminées.

Plus de légumineuses dans l’assiette

Les légumineuses associées aux céréales ont une composition en acides aminés complémentaires qui permet de remplacer une partie des protéines animales. Les plus forts consommateurs de légumineuses sont de ce fait mieux protégés contre le risque de mortalité par infarctus et par cancer. Leur consommation régulière permet aussi de pallier notre carence en fibres et de mieux nourrir notre microbiote.

Un régime plus riche en légumineuses permet aussi de réduire fortement l’empreinte environnementale, car les protéines végétales nécessitent de 5 (porc, poulet) à 10 (viande rouge) fois moins de ressources (terre, eau, énergie) et émettent de 5 (porc, poulet) à 10 (viande rouge) fois moins de GES et d’azote.

Pourquoi si peu de légumineuses malgré tous ces bienfaits ?

Au vu de ces nombreux bienfaits avérés, on peut se demander pourquoi on trouve si peu de légumineuses dans les champs et dans notre assiette. Une partie de la réponse à cette question se trouve justement dans la façon dont ces bienfaits sont usuellement présentés.

Pris isolément les effets positifs des légumineuses ne sont pas perçus comme suffisamment significatifs car trop diffus (réduction des émissions de GES, fertilité des sols), ou conditionnels (effet sur la santé si une consommation régulière) ou indirects (moins de déforestation pour cultiver du soja). C’est une des raisons pour lesquelles les politiques publiques n’ont jusqu’à ce jour pas permis de relancer significativement les légumineuses alors que des millions d’euros y ont été consacrés.

À l’inverse, une vision systémique permet de percevoir l’effet global des légumineuses, et de montrer qu’elles sont clefs pour la transition agricole et alimentaire. Cette approche pousse alors à construire des politiques publiques qui combinent les enjeux de l’alimentation humaine (par ex. plus de lentilles, haricots, pois chiches…), l’alimentation animale (par ex. plus de luzerne, trèfle, de féveroles, lupins…) et des écosystèmes (via ces cultures pré-citées et aussi comme plantes de services entre deux cultures de rente pour réduire les engrais et pesticides).

Penser de cette manière systémique appelle donc un changement de posture des politiques publiques dans l’anticipation et la gestion des problèmes sanitaires et environnementaux. Car c’est une mobilisation simultanée d’acteurs de domaines très différents qu’elle nécessite. Pour aller dans cette direction la première étape consiste sans doute à s’accorder sur un récit mettant en évidence ces synergies, comme cela a été proposé par un chercheur en Angleterre sur les légumineuses.

Pour cela, la construction de différents scénarios est un moyen de confronter la cohérence, l’articulation des leviers possibles pour atteindre des objectifs sanitaires et environnementaux. Cela permet de hiérarchiser les changements selon le type d’effets pour définir des politiques ciblées en termes de subventions, de normes, de lois, d’information, de recherche et développement, etc.

Une seconde étape consiste ensuite à s’approprier le récit choisi et à le décliner dans les territoires à travers, par exemple, des Plans Alimentaires Territoriaux (PAT) ; des échelles d’action qui permettent de réunir des acteurs des différents domaines tout en tenant compte des spécificités territoriales (ressources disponibles, attentes locales, etc.).

Les légumineuses : composante clef de l’approche One health

Cette façon d’englober santé humaine, animale, environnementale correspond à ce que l’on appelle aujourd’hui l’approche One Health. Elle repose sur un principe simple : la protection de la santé de l’Homme passe par celle de l’animal et de leurs interactions avec l’environnement. Ce concept est né de l’analyse des interdépendances entre la santé animale, la santé humaine et l’environnement. Un champ d’étude qui a par exemple permis d’examiner comment les composantes de l’environnement biophysique (air, sol, eau, aliments…) sont des vecteurs d’agents infectieux et de contaminants pour les hommes et les animaux.

En élargissant les enjeux de santé à ceux des maladies chroniques et des problèmes environnementaux planétaires (comme la perte de biodiversité et le changement climatique) l’agriculture devient un vecteur essentiel d’une sécurité alimentaire préservant la santé de tous les êtres vivants. Voici comment ces interactions sont présentées par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) :

« Le principe d’une seule santé reconnaît l’interdépendance de la santé des êtres vivants, des animaux et des végétaux sauvages et domestiqués, des écosystèmes et des principes écologiques. Afin de tenir compte des limites planétaires et de leur dépassement, il repose sur une approche intégrée pour préserver la santé des êtres vivants et l’état de conservation favorable des écosystèmes. On entend par santé un état complet de bien-être des êtres vivants présents et futurs »

Dans cette approche, les filières organisant le système agricole et alimentaire sont alors à appréhender comme des vecteurs majeurs de ces interactions. Les filières contribuent à la circulation des nutriments, mais aussi de contaminants, avec des risques que les virus, bactéries, champignons ou insectes, échappent aux contrôles sanitaires, surtout pour les filières longues.

Représentation schématique de l’approche one heath avec indication des effets en cascade. des légumineuses : dans les assiettes (1), dans les champs (2), dans les auges (3) et effet feedback (en pointillé) sur la santé du système Terre. Michel Duru, Fourni par l’auteur

Autre enjeu de taille, que doit surmonter l’application de toute approche One Health : réussir à s’imposer au sein de rapports de force déjà nombreux entre des groupes de prescripteurs (médecins, vétérinaires, défenseurs de la planète, industries pharmaceutiques…) qui, ne partagent pas forcément les mêmes valeurs et objectifs. Ces acteurs n’ont pas la même représentation de la santé, ne poursuivent pas les mêmes enjeux privés, et disposent d’un accès variable aux médias pour faire entendre leurs propositions. L’enjeu est donc de repositionner leurs discours dans un cadre d’action unifié que l’approche one health permet, afin de trouver les chemins par lesquels une reconstruction du système agroalimentaire est possible.

L’approche one health permettrait ainsi de mieux définir des actions de politiques publiques pour les promouvoir. Grâce à sa vision intégrée, systémique et unifiée de la santé humaine, végétale, animale et environnementale, à des échelles locale, nationale et planétaire, cette approche offre une vue d’ensemble pour comprendre et agir face à de multiples problématiques interreliées comme : les activités humaines polluantes qui contaminent l’environnement ; la déforestation qui fait naître de nouveaux pathogènes et réduit dramatiquement la biodiversité ; les maladies animales qui frappent les élevages ; ces mêmes maladies animales finissant par être à l’origine de maladies infectieuses pour l’humain (les zoonoses)…

Aujourd’hui, des exemples d’application de l’approche one health existent pour une meilleure compréhension des problèmes de l’antibiorésistance, du risque d’émergence de zoonoses par contact entre faune sauvage et élevages domestiques, ainsi que sur l’accroissement de notre vulnérabilité à ces zoonoses. D’autres applications doivent être conduites et tout particulièrement pour penser l’accroissement des légumineuses, comme démontré ici.

auteurs

  1. Michel DuruDirecteur de recherche, UMR AGIR (Agroécologie, innovations et territoires), Inrae
  2. Marie-Benoît MagriniÉconomiste, Ingénieur de Recherche Hors-Classe, Responsable du groupe filière Légumineuses, Inrae

Sols vivants : 59 % de la vie sur Terre est… sous terre

https://www.wedemain.fr/decouvrir/sols-vivants-59-de-la-vie-sur-terre-est-sous-terre/

La vie sous-marine ou dans la canopée d’une forêt fait souvent rêver. Bien moins quand on parle de la vie sous terre. Pourtant, le sol est l’habitat le plus riche en espèces de la planète. On ne sait pas que l’on piétine de la vie cachée …..On ne devrait pas imperméabiliser, détruire la vie des sols ….!!

Six pieds sous terre… il y a de la vie ! Et beaucoup. Pour la première fois, une étude publiée en août dernier dans PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) s’est sérieusement penchée sur la concentration en biodiversité dans les sols. Ces résultats ont ensuite été comparés à la vie – des microbes aux mammifères – dans les océans et les forêts. Résultat : les sols concentrent 59 % de la vie sur Terre. Cela en fait l’habitat le plus riche en biodiversité.

« Cette estimation est plus du double des prévisions antérieures sur la richesse en espèces du sol. Selon elles, à peine 25 pour cent de toutes les espèces vivaient dans le sol », explique le Eidgenössische Forschungsanstalt WSL, l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage suisse, qui a réalisé l’étude en question. Selon les auteurs de l’étude, « deux tiers de toutes les espèces connues vivent dans le sol. »

Sous terre, champignons, plantes, racines… et quelques mammifères

En matière de sols vivants, les champignons sont le groupe qui compte le plus d’espèces vivant dans le sol (environ 90 %). Juste derrière, on retrouve les plantes (86 %), y compris leurs racines. En revanche, seulement 4 % des quelque 6 500 espèces de mammifères qui vivent sur Terre se trouvent dans les sols (campagnols, marmottes, taupes…).

À noter que l’estimation de 59 % est sans doute sous-estimée. En effet, il n’est pas possible de précisément estimer certains organismes microscopiques. « C’est surtout pour les tout petits organismes comme les bactéries, les virus, les archées, les champignons et les protozoaires que personne n’a encore tenté d’estimer la diversité », souligne Mark Anthony, premier auteur de l’étude et collaborateur scientifique au WSL. « Les sols profonds sont souvent négligés. Ils abritent de nombreuses lignées uniques par rapport aux sols de surface », précise l’étude.

Aperçu graphique de la part des espèces vivant dans le sol. Les anneaux reflètent le pourcentage d’espèces dans le sol par rapport à tous les autres écosystèmes combinés (par exemple, océan, eau douce, environnement bâti, organismes hôtes tels que les humains, etc.). Le plus grand anneau en haut montre la part totale des espèces, et les petits anneaux montrent les parts individuelles des groupes les plus spécifiques et les plus connus, classés du plus grand au moins spécialisé dans le sol. Crédit : Illustrations de Michael Dandley.

Plus de 60 % des sols européens sont dégradés

Alors même que les sols portent la majorité de la vie sur terre, ils sont particulièrement malmenés. Dernièrement, en mars 2023, l’Observatoire européen des sols (EUSO) a évalué et cartographié la santé des sols européens. Il a pris en compte quinze indicateurs de dégradation des sols (l’érosion, la pollution, la perte de carbone ou encore la biodiversité). Et le bilan n’est pas encourageant. Il s’avère que 61 % des sols européens se trouvent dans un état dégradé.

« Les sols sont soumis à une énorme pression. Cela peut être en raison de l’intensification de l’agriculture, du changement climatique, des espèces envahissantes et bien d’autres facteurs », a précisé Mark Anthony.« Notre étude montre que la diversité des sols est immenseEt que les sols devraient donc être beaucoup plus pris en compte dans la protection de la nature », conclut-il.

Mark Anthony.

Végétaliser pour stocker le carbone : une solution encore meilleure que prévue

https://www.actu-environnement.com/ae/news/etude-chercheurs-pouvoir-stockage-carbone-plantes-changementclimat-43003.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8MzQyMQ%3D%3D[NzAyNzA1]

Les plantes seraient capables de capter davantage du CO2 dans l’atmosphère que ce qui est généralement admis

Les végétaux sauveront-ils la planète ? Les conclusions des chercheurs de l’Institute for the Environment (Western Sydney University) sur leurs capacités d’absorption du carbone constituent en tout cas un signal encourageant. Grâce à la photosynthèse, les plantes transforment en effet en sucre le CO2 capté dans l’atmosphère, avant de l’utiliser pour leur métabolisme et leur croissance. Elles le stockent dans leurs tissus, dans le bois des arbres et dans le sol sous forme de matière organique quand les plantes meurent. Mais ce processus pourra-t-il se maintenir sous l’effet des dérèglements climatiques, sècheresses et canicules plus nombreuses notamment, et d’une concentration accrue de CO2 dans l’atmosphère ?

C’est ce que ces scientifiques australiens ont cherché à mesurer, avec l’aide de leurs confrères français de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). En se basant sur un scénario climatique à hautes émissions, ils ont intégré à ces modélisations trois mécanismes susceptibles d’influencer la capacité des plantes à « fixer » le carbone : l’efficacité du déplacement du dioxyde de carbone à l’intérieur de la feuille, l’adaptation du végétal aux changements de température et sa manière de distribuer le plus économiquement possible les éléments nutritifs dans leur couvert. Des paramètres « habituellement exclus de la plupart des modèles mondiaux », explique Jürgen Knauer, le responsable de l’équipe.

Plus c’est complexe, mieux c’est

Ces chercheurs ont testé différents modèles, plus ou moins complexes, modulant la prise en compte de ces processus physiologiques végétaux. Le modèle le plus simple faisait abstraction de ces trois mécanismes critiques associés à la photosynthèse. Le plus complexe les intégrait tous les trois. Résultat de cette étude, parue le 17 novembre dernier dans la revue Science Advances : les modèles les plus complexes prévoient invariablement une augmentation plus soutenue de l’absorption du carbone par les plantes à l’échelle du globe. Combinés, les processus pris en compte se renforcent en outre mutuellement et augmentent leurs effets.

Non seulement les plantes seraient capables de capter davantage du CO2 dans l’atmosphère que ce qui est généralement admis, mais cette aptitude pourrait bénéficier d’une croissance soutenue plus longtemps que prévu, jusqu’à la fin du XXIe siècle. « Notre compréhension des principaux processus de réponse du cycle du carbone, tels que la photosynthèse, a progressé de manière spectaculaire ces dernières années. Il faut toujours un certain temps pour que les nouvelles connaissances soient intégrées dans les modèles sophistiqués sur lesquels nous nous appuyons pour informer la politique en matière de climat et d’émissions, remarquent Matthias Cuntz, directeur de recherche à l’Inrae de Nancy, et Ben Smith, directeur scientifique de la Hawkesbury Institute for the Environment, contributeurs de l’étude. Une prise en compte plus complète des dernières avancées scientifiques dans ces modèles peut conduire à des prévisions sensiblement différentes. »

Végétaliser mais pas que

Encore faut-il que ces alliés végétaux ne disparaissent pas prématurément sous l’effet des incendies, de la déforestation ou de l’artificialisation. Cette découverte plaide ainsi pour une démultiplication des solutions basées sur la nature, comme la végétalisation, afin de contribuer à atteindre la neutralité carbone. Les chercheurs espèrent également que ces résultats inciteront d’autres équipes à mettre à jour leurs modèles, afin de vérifier leur hypothèse d’un puits terrestre futur plus important que celui qui était d’abord envisagé. « Ce n’est que lorsqu’un ensemble représentatif de modèles mondiaux s’accorde sur une tendance clé que nous pouvons nous appuyer sur cette tendance pour orienter la politique », soulignent-ils.

Ce constat n’exonère pas non plus les gouvernements de leur obligation de réduire au plus vite les émissions de carbone. « L’étendue et la persistance de ce phénomène [d’absorption] dans les années à venir demeurent incertaines », insiste Jürgen Knauer. Planter davantage d’arbres et préserver la végétation existante ne représente donc pas la solution miracle.

SCV au BRÉSIL avec Laercio Dalla Vecchia

Les bases bien faites, c’est la recette de la simplicité de cette personne

Diversité d’insectes présents dans un lot de Vicia villosa utilisé comme usine de service. Essayez d’identifier le nombre d’espèces illustrées en vidéo !

Couverture de sol Brésilienne ….!!
Nourrir et protéger le sol avec de la couverture végétale
Mais qu’est-qui se cache sous cette couverture végétale
Vitesse d’infiltration de l’eau ….!!! en SCV