Grande émotion en apprenant la nouvelle, transmise par la famille de Francis Hallé :
« C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de Francis Hallé, le 31 Décembre à 23h00. Il s’est éteint chez lui, à Montpellier, entouré de sa famille.
Botaniste émérite à la renommée internationale, il a largement contribué à mieux faire connaître les arbres et surtout les forêts primaires qu’il a étudiées toutes sa vie durant. Grâce à son invention, le radeau des cimes, il a pu mener, pendant des décennies et sur plusieurs forêts du globe, des recherches approfondies sur la canopée et l’incroyable biodiversité qu’elle recèle. Pour les scientifiques, il était un chercheur perpétuellement en quête de nouvelles explications sur le vivant, auteur d’un grand nombre d’ouvrages. Son dernier projet, la renaissance d’un massif de forêt primaire en Europe, est en cours grâce au travail de l’association qui porte son nom. Pour sa famille et ses innombrables amis de par le monde, il était un humain chaleureux, engagé, direct et sincère, amoureux des arbres mais aussi de la navigation à voile, de la musique et de la vie simple. »
En ce moment nos pensées vont aujourd’hui à son épouse Odile, qui l’a toujours accompagné dans ses voyages, à sa famille, à ses proches, et à toutes celles et ceux qui ont croisé sa route, à un moment donné.
Passeur d’émerveillement infatigable, Francis Hallé a consacré sa vie à attirer l’attention de ses contemporains sur la profonde beauté des plantes sur toute la planète, en particulier dans les milieux tropicaux, chers à son cœur. Il n’a cessé de rappeler l’humilité nécessaire devant l’incroyable complexité du vivant. Son dernier livre s’intitulait justement La beauté du vivant, comme un ultime rappel de ce qui a nourri sa carrière de scientifique engagé, jusqu’au bout.
L’association Francis Hallé pour la forêt primaire est plus que jamais déterminée à concrétiser son rêve : réunir les conditions pour qu’une forêt primaire puisse renaître en Europe de l’Ouest. Un rêve qui s’est affirmé comme l’une des grandes idées à l’agenda d’une transition écologique digne de ce nom, à la hauteur des enjeux climatiques et de biodiversité. Francis Hallé nous a toujours dit, avec une grande clarté et une sérénité désarçonnante, qu’il ne serait pas « au pot d’ouverture » de la forêt primaire, mais que c’était bien à l’honneur de l’humanité d’entreprendre un projet comme celui-là.
À notre tristesse se mêle un profond sentiment de gratitude et tellement de souvenirs.
Les graines ont été semées. Nous aurons à cœur d’en tenir les promesses en l’honneur de ce grand explorateur du vivant qui vient de nous quitter.
Comme les géants qu’il a étudiés toute sa vie, Francis Hallé s’est dressé haut et droit, enraciné dans la curiosité, branché vers la lumière de la connaissance. Il nous a appris à lever les yeux vers la canopée, ce monde invisible et foisonnant où la vie se déploie en silence, loin de nos tumultes. Il nous a rappelé que les arbres ne sont pas de simples végétaux, mais des êtres patients, coopératifs, résilients, qui tissent des liens invisibles et soutiennent la vie sur des siècles. Par le Radeau des cimes, il nous a offert un pont vers cet univers suspendu ; par ses dessins délicats et précis, il nous a donné à voir la poésie de l’architecture végétale ; par ses mots, il nous a transmis l’humilité nécessaire face à la beauté du vivant.Aujourd’hui, il rejoint la forêt qu’il chérissait : silencieux, paisible, entouré. Mais ses racines restent parmi nous. Les graines qu’il a semées – scientifiques, poétiques, écologiques – continueront de germer, lentement, sûrement, à l’échelle du temps long qu’il nous a enseigné à respecter.L’association portera son rêve jusqu’au bout : une forêt primaire renaissante en Europe, libre, sauvage, éternelle. C’est le plus bel hommage que nous puissions lui rendre : laisser la nature travailler, comme il le disait si simplement, et veiller sur elle avec la même passion tranquille.Merci, Francis Hallé, d’avoir été ce phare vert dans la nuit de notre époque. Nos pensées accompagnent Odile, sa famille, ses proches, et tous ceux qui, grâce à lui, regardent désormais les arbres autrement.Respects profonds, à la mesure des cimes qu’il a explorées.
Francis Hallé, avec son regard émerveillé et son crayon toujours en main pour dessiner l’architecture des arbres, a été le passeur infatigable de ces découvertes. Il disait que la canopée est « l’endroit le plus vivant du monde », un concentré de beauté et de complexité que l’humanité se doit de protéger.
Serge Bouzinac est un agronome français du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), collaborateur historique et fidèle de Lucien Séguy pendant plus de 40 ans.
Ensemble, ils forment un duo emblématique dans le développement des Systèmes de Culture en Semis Direct sous Couverture Végétale Permanente (SCV), inspirés de l’ingénierie écologique et des écosystèmes forestiers tropicaux.
Parcours et collaboration avec Lucien Séguy
Dès les années 1970-1980, Serge Bouzinac travaille aux côtés de Lucien Séguy au Brésil (Maranhão, Cerrados, Mato Grosso), puis dans d’autres pays tropicaux.
Leur approche : Recherche-action en milieu réel, chez et avec les agriculteurs, pour adapter les SCV aux contraintes locales (petits paysans sans terre, fronts pionniers).
Focus sur le riz pluvial, le coton, le soja, et les couverts multifonctionnels (biomasse, fixation d’azote, allélopathie anti-adventices).
Serge Bouzinac contribue à la diffusion des SCV en France après la retraite de Séguy, et rend hommage à son ami lors de colloques (ex. : 2023, avec Ver de Terre Production).
Principales contributions et publicationsSerge Bouzinac co-auteur de nombreux ouvrages et articles clés sur les SCV :
La symphonie inachevée du semis direct dans le Brésil central (2008, avec Lucien Séguy) : Analyse critique du semis direct dominant au Brésil, limites (érosion, dépendance intrants), et solutions via SCV diversifiés pour une agriculture durable. Ouvrage de référence (215 p., CIRAD).
Manuel pratique du semis direct sur Couverture Végétale Permanente (SCV) (2009, collectif CIRAD, dont Madagascar) : Principes, fonctionnement des écosystèmes SCV, applications pratiques.
Autres travaux :
Semis direct et résistance des cultures aux maladies (1999, avec Séguy et Maronezzi).
Systèmes durables pour le coton dans les savanes humides du Brésil central.
Dynamique de la matière organique et stockage de carbone en SCV.
Adaptations en Asie du Sud-Est (Laos, Vietnam, Cambodge) et Afrique.
Impacts et héritage
Contribution à l’expansion de l’agriculture de conservation au Brésil (>35 millions d’ha influencés) et dans les tropiques.
Promotion d’une agronomie régénératrice : couverts permanents, non-perturbation du sol, biodiversité fonctionnelle.
Conférences et vidéos récentes : Interventions sur l’historique des SCV au Brésil, le couvert idéal pour la France, et hommages à Lucien Séguy (disponibles sur YouTube via Ver de Terre Production).
Serge Bouzinac incarne la continuité des idées de Lucien Séguy : observer la Nature pour une agriculture productive et résiliente. Ses travaux renforcent directement les pratiques ACS/SCV en France.
Dans cette conférence captivante enregistrée au Groundswell Festival 2025 à Lannock Farm, Hertfordshire, Gabe Brown, pionnier de l’agriculture régénératrice, partage une vision trans-formative pour l’avenir de l’agriculture. Avec des décennies d’expérience et des exemples concrets du monde entier, il dévoile les principes clés pour restaurer la santé des sols, revitaliser les écosystèmes et assurer la rentabilité des fermes. Cette approche holistique, guidée par la nature, invite à repenser notre rôle dans le système alimentaire. Une source d’inspiration pour tous ceux qui souhaitent adopter une gestion des terres durable et résiliente. Découvrez comment l’agriculture régénératrice peut changer la donne !
Rejoignez Gabe Brown, figure emblématique de l’agriculture régénératrice, dans une discussion chaleureuse et inspirante au Groundswell Festival 2025, animée par John Gregson. Accompagné de trois agriculteurs britanniques – Martin Caunce, Stuart Rogers et Nick Padwick –, Gabe explore leurs parcours, succès et défis dans la transition vers une agriculture régénératrice. Ensemble, ils partagent des idées pratiques et une vision d’avenir pour un secteur agricole plus durable et résilient. Une conversation riche en enseignements pour repenser notre lien à la terre et au système alimentaire. Plongez dans l’avenir de l’agriculture régénératrice !
Noël Deneuville, Paysan dans la Nièvre depuis 30 ans, et acteur de l’agriculture de conservation des sols (ACS) à la ferme du Chaumont. Avec « SCV Lucien Seguy », je veux vous raconter l’histoire d’une limace, non pas comme une ennemie à abattre, mais comme le symptôme d’un déséquilibre que nous avons créé. Comprendre son apparition, c’est ouvrir la voie à une agriculture robuste et durable. Voici mon parcours et mes réflexions au sujet de cette fameuse limace.
Aux origines du problème : L’évolution de l’agriculture dans les années 1960 et la quête du « propre »
Les limaces sont devenues une préoccupation majeure pour les agriculteurs français, notamment dans les zones de grandes cultures comme le colza, le blé ou les cultures maraîchères. Leur prolifération semble liée à une combinaison de facteurs environnementaux et de pratiques agricoles modernes. Parmi les hypothèses plausibles, l’utilisation massive d’insecticides pourraient avoir joué un rôle clé dans ce phénomène. Cet article explore cette problématique, en s’appuyant sur des données historiques et des analyses critiques.
Dans les années 1960-1970, l’agriculture change de visage avec la mécanisation en développement, l’apparition des moissonneuses-batteuses qui facilitent l’essor des surfaces de colza, dont les surfaces passent de 100 000 hectares à 1,5 million aujourd’hui. Ce n’est pas une critique contre la culture du colza qui au contraire a permis pour nos zones intermédiaires d’obtenir des marges confortables.
Pour protéger cette culture des insectes ravageurs – altises, charançons –, les conseils techniques de l’époque font appliquer des insecticides comme le DDT ou les organophosphorés, qui ne font pas de distinction : ils éliminent aussi les insectes utiles, comme les carabes, prédateurs des limaces.Dans les années 1950-60, on arrosait nos champs, y compris le colza, avec des matières actives insecticides comme le DDT, un insecticide puissant mais aveugle. Ces insecticides tuait les ravageurs dangeureux, mais aussi les carabes utiles qui eux pourtant avaient la mission de régulation des limaces.
Ce déséquilibre écologique a réduit la régulation naturelle des populations de limaces, favorisant leur multiplication en l’absence des prédateurs disparus….! En effet, la limace, si les conditions lui sont favorables, peut se reproduire très très vite….
Les ravageurs du colza
Limaces. Le colza est une des cultures les plus sensibles aux limaces. …
Grosses altises. La grosse altise apparaît en septembre dans les parcelles de colza où elle va pondre ses œufs. …
Pucerons. …
Charançon du bourgeon terminal. …
Charançon des tiges. …
Méligèthes. …
Charançon des siliques.
Mais ce n’est pas tout. Avec le colza arrivent des désherbants efficaces, conçus pour rendre les parcelles « propres ». Résultat : des champs nus, sans adventices ni diversité, un mono-menu pour la biodiversité. Les quelques limaces présentes n’ont plus d’autre choix que de se rabattre sur le seul colza restant , amplifiant les dégâts.
À cela s’ajoute le travail mécanique du sol : s’il peut déranger quelques limaces, il détruit aussi leurs sources d’alimentation variées, tout en perturbant gravement les carabes, ces précieux prédateurs, entre autres, qui régulent leurs populations.
Depuis quelques années, on constate aussi une accélération de la présence de petits escargots minuscules qui occasionnent les mêmes dégâts que leurs collègues limaces ….Ces escargots ne sont plus régulé correctement par les oiseaux des champs en baisse inquiétante …
Évolution de l’utilisation des insecticides depuis 1960
Entre 1945 et 1985, la consommation mondiale de pesticides, dont les insecticides, a doublé tous les dix ans. En France, les années 1960 marquent le début de cette hausse exponentielle, avec une généralisation des produits organochlorés comme le DDT (interdit en 1972). Dans les années 1970-1980, les organophosphorés (ex. malathion) prennent le relais, suivis plus tard par les néonicotinoïdes dans les années 1990. Selon les données disponibles, les ventes d’insecticides en France ont été multipliées par 3,5 entre 2009 et 2018, passant d’environ 5 000 tonnes à plus de 17 000 tonnes de substances actives par an. Cependant, depuis 2019, une baisse est observée, avec une réduction de 19 % des ventes totales de pesticides entre 2012-2017 et 2021, incluant une diminution spécifique des insecticides les plus toxiques.
L’essor des produits antilimaces
Face à la prolifération des limaces, les agriculteurs ont recours à des produits antilimaces, principalement des molluscicides comme le métaldéhyde ou le phosphate de fer. Si leur usage était marginal avant les années 1970, il s’est intensifié avec l’augmentation des surfaces de colza et des grandes cultures. Les données précises sur les volumes avant 2000 sont rares, je n’ai pas trouvé de chiffres précis sur l’évolution des volumes de produits anti-limace mise en oeuvre. Cette utilisation reste toutefois bien inférieure à celle des insecticides, reflétant une réponse ciblée à un problème spécifique plutôt qu’une stratégie globale.
Le piège des intrants : un déséquilibre en cascade
Les insecticides ont aggravé le problème. Prenez les méligèthes, ces petits coléoptères du colza : en quelques années, ils ont résisté aux traitements qui leur étaient destinés, s’adaptant là où les carabes, eux, disparaissaient. Sans prédateurs, les limaces ont prospéré. Les désherbants, en éliminant toute nourriture alternative, les ont poussées vers nos cultures. Et les anti-limaces ? Une chimie idiote, non ciblée, qui empoisonne et perturbent l’ensemble des prédateurs qui s’en nourrissent (des hérissons, insectes et autres oiseaux). Vouloir exterminer toutes les limaces parce qu’elles grignotent quelques feuilles, c’est absurde. Elles ont un rôle : elles décomposent la matière organique et nourrissent une chaîne d’animaux essentiels.
Pour les chasseurs, souvent agriculteurs eux-mêmes, la baisse du petit gibier – perdreaux, faisans – est un mystère qu’ils attribuent à la météo ou à des causes farfelues. Je ne suis pas sûr qu’ils mesurent le lien avec nos pratiques. En tuant les insectes avec les insecticides, on a privé ces oiseaux d’une alimentation facile, et leur rôle régulateur sur les limaces s’est éteint.
Ma stratégie : redonner sa place à la nature
À mes débuts, j’ai suivi cette logique. Insecticides, anti-limaces, désherbants : je voulais des parcelles impeccables. Mais j’ai vite vu les quantités d’anti-limaces grimper sur ma ferme. « Il fallait réagir vite », me suis-je dit. Ce n’était pas tenable.
L’expérience de Lucien m’a été précieuse….il ne connaissait pas plus que ça la problématique limace en France, mais il m’a fait comprendre avec ses autres expériences pour d’autres ravageurs que la solution chimique était à raisonner avec des pincettes et que la solution biologique était bien plus intéressante
Face à cette impasse, j’ai tout repensé. Voici comment je gère les limaces aujourd’hui :
Zéro intrants chimiques : Plus d’insecticides ni d’anti-limaces sur 100% de la ferme. (diminution de la sole colza et remplacement par la culture de la moutarde) J’ai vu les prédateurs revenir naturellement. Les refuges à limaces – résidus végétaux, sols humides –(qui sont aussi le repère des prédateurs de la limace) ne posent pas de problème quand les carabes et autres auxiliaires font leur travail continuellement…..
Plantes de service et leurres : J’intègre des graines très appétentes pour les limaces – colza, tournesol – dans mes semis. Elles détournent leur attention des cultures principales. D’autres plantes, comme le lin ou le soja, jouent des rôles complémentaires sur d’autres ravageurs ou la fertilité du sol. l’expérience avec la limace m’a permis d’extrapoler ma réflexion à bien d’autres problématiques …… Pas de concours de champ « propre » ici : un maximum de diversité, de bio-diversité, c’est une assurance-vie pour mes parcelles de sols vivants.
Semis adaptés : S’il le faut je sème un peu plus tôt pour que mes colzas et céréales prennent de la vigueur avant les pics de limaces, avec une fertilisation localisée pour les booster. ( assurance graines de tournesol pour les semis de colza)
Biodiversité dans les parcelles : Sans être opposé aux haies – elles ont leur utilité –, mais je préfère multiplier la diversité directement dans l’ensemble de mes champs avec des couverts permanents. C’est là que se joue l’équilibre en local. La pratique du SCV , a l’avantage de créer un panel de refuge (à base de plantes couvertures du sol) à toute une gamme de prédateurs bien cachés et surtout en sécurité vis à vis d’ oiseaux à la recherche d’insectes ( il n’en est pas de même en sol nu et travaillé mécaniquement)
Augmentation des densités de semis des cultures (la part de la biodiversité) surtout en bordure de parcelle boisée
Mon expérience a mal débuté, je l’avoue. Comme tout le monde, j’ai suivi le modèle dominant. Mais quand j’ai vu l’escalade des intrants, j’ai compris : la solution n’est pas de lutter contre les limaces, mais de coexister avec elles.
Une vision globale pour l’avenir
La nature fonctionne en cycles équilibrés depuis toujours. Perturber cet équilibre – tuer les insectes utiles, appauvrir les sols, priver les oiseaux – est une catastrophe pour nos parcelles. Avec « SCV Lucien Seguy », nous proposons une autre voie : produire une alimentation saine et de qualité, en respectant ces cycles. Mes solutions prouvent que c’est possible. Les limaces ne sont pas à exterminer ; elles nous rappellent que tout est lié.
Certes quelques limaces en équilibre sont toujours présentes sur ma ferme, mais il faut intégrer qu’elles sont nécessaire à la survie des carabes ….Et, quelques oiseaux réussissent à consommer quelques carabes, Mais par contre , aujourd’hui , l’équilibre naturelle est rétabli correctement et le fait de toujours prévoir, anticiper un leurre appètent-limace aux périodes sensibles (levée des cultures) me permet de dormir tranquille….!
Conclusion : un pas vers une agriculture robuste
Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, bravo : vous êtes sur la bonne voie pour réfléchir à l’avenir d’une agriculture durable. À la ferme du Chaumont, j’ai appris qu’une parcelle n’a pas besoin d’être « propre » pour être productive. Elle doit être vivante avec des sols vivants. Alors, la prochaine fois que vous croiserez une limace, demandez-vous : et si elle était là pour nous guider vers du raisonnable ?
Hernán Asto : Cet ingénieur civil péruvien, originaire d’Ayacucho, a transformé son expérience personnelle – grandir sans électricité et étudier à la lumière des bougies – en une solution révolutionnaire avec sa startup Alinti. Son invention, qui génère de l’électricité à partir de la photosynthèse des plantes en exploitant l’activité de micro-organismes dans le sol, est non seulement ingénieuse, mais aussi porteuse d’un impact social et environnemental significatif.
Son parcours illustre une combinaison rare de créativité, de persévérance et de conscience sociale. Ayant grandi dans une région pauvre du Pérou où l’accès à l’électricité reste un défi pour des millions de personnes, Asto a développé une technologie qui utilise des ressources abondantes et renouvelables – les plantes, le soleil et les micro-organismes – pour produire une énergie propre et accessible. Son dispositif hybride, souvent présenté sous forme d’un pot en argile, capture les électrons libérés par les micro-organismes dans la rhizosphère des plantes, les transformant en électricité utilisable pour éclairer des foyers ou charger des appareils. C’est une approche qui allie bioélectrochimie et simplicité, rendant la solution adaptée aux communautés rurales isolées.
Au-delà de la prouesse technique, ce qui impressionne chez Hernán Asto, c’est sa vision. Il ne s’agit pas seulement d’une invention pour lui-même ou pour la gloire personnelle, mais d’un projet destiné à changer des vies. Alinti a déjà permis à des centaines de familles péruviennes d’accéder à l’électricité, tout en purifiant l’air grâce aux plantes utilisées, comme l’asparagus, qui absorbent des toxines. Son ambition d’étendre cette technologie à l’échelle mondiale, notamment via des plateformes comme Kickstarter, montre qu’il vise un impact global, tout en restant ancré dans une démarche écologique.
Ses nombreux prix – comme le deuxième place au concours « Une idée pour changer l’histoire » de History Channel en 2018, le prix Bio-Circular-Green de l’APEC en 2023, ou encore les 100 000 euros remportés aux XXIII Global eAwards en 2024 – témoignent de la reconnaissance internationale de son travail. Pourtant, il souligne souvent le manque de soutien de l’État péruvien, ce qui met en lumière un défi plus large pour les innovateurs dans des contextes où les ressources institutionnelles sont limitées. Cela rend son succès d’autant plus admirable.
En résumé, Hernán Asto et Alinti représentent une fusion fascinante entre nature et technologie, avec un potentiel pour redéfinir l’accès à l’énergie dans les zones marginalisées. C’est un projet qui mérite attention et soutien, car il incarne une alternative durable face aux crises énergétiques et climatiques actuelles.
La bioélectrochimie, dans le contexte d’Hernán Asto et de son invention chez Alinti, est une discipline scientifique qui étudie les interactions entre des processus biologiques et des phénomènes électrochimiques pour générer de l’électricité ou analyser des systèmes vivants. Plus spécifiquement, ici, elle repose sur l’exploitation de l’activité métabolique de micro-organismes dans le sol pour produire un courant électrique.
1. Le principe de base : la photosynthèse et les micro-organismes
Les plantes, grâce à la photosynthèse, convertissent l’énergie solaire en énergie chimique sous forme de sucres (comme le glucose). Une partie de ces composés organiques est excrétée par les racines dans la rhizosphère, la zone du sol entourant les racines. Ces exsudats servent de nourriture à des micro-organismes présents dans le sol, notamment des bactéries électrogènes (comme les Geobacter ou Shewanella, souvent étudiées dans ce domaine). Ces bactéries décomposent les molécules organiques via leur métabolisme, libérant des électrons comme sous-produit.
2. La conversion bioélectrochimique
La bioélectrochimie intervient ici avec une technologie appelée cellule électrochimique microbienne (ou Microbial Fuel Cell, MFC). Dans une MFC, les électrons produits par les bactéries sont capturés et canalisés pour générer un courant électrique. Le système d’Asto utilise une configuration simple :
Une anode (électrode négative) est placée dans le sol près des racines, où les bactéries oxydent les composés organiques, libérant des électrons et des protons (H⁺).
Ces électrons circulent de l’anode vers une cathode (électrode positive) via un circuit externe, créant ainsi un courant électrique.
À la cathode, souvent exposée à l’air, les électrons se combinent avec des protons et de l’oxygène pour former de l’eau (H₂O), complétant le circuit.
Dans le cas d’Alinti, le dispositif est intégré dans un pot en argile ou un système similaire, où la plante (comme l’asparagus) agit comme une « usine » fournissant continuellement des nutriments aux bactéries via la photosynthèse.
3. Les réactions chimiques simplifiées
À l’anode : les bactéries oxydent les exsudats organiques, par exemple : C_6H_{12}O_6 + 6H_2O \rightarrow 6CO_2 + 24H^+ + 24e^- (oxydation du glucose).
À la cathode : réduction de l’oxygène : O_2 + 4H^+ + 4e^- \rightarrow 2H_2O.
Le flux d’électrons entre les deux électrodes produit une différence de potentiel (voltage), suffisante pour alimenter une petite lampe LED ou charger un appareil à faible consommation.
4. Spécificités du système d’Asto
Le génie d’Hernán Asto réside dans l’optimisation et la simplification de cette technologie pour un usage domestique et rural :
Matériaux accessibles : il utilise des électrodes en carbone ou en métal peu coûteux, et un pot en argile qui maintient l’humidité et favorise la vie microbienne.
Hybride naturel-technologique : la plante n’est pas seulement un décor, elle est essentielle au processus, rendant le système durable tant qu’elle reçoit lumière et eau.
Efficacité énergétique modeste mais suffisante : une unité peut produire environ 5 à 10 watts par jour (selon les estimations basées sur des MFC similaires), assez pour éclairer une maison rurale ou charger un téléphone.
5. Avantages et défis
Avantages :
Énergie renouvelable et propre : pas de combustion ni de carburant fossile.
Faible coût et maintenance réduite, idéal pour des zones isolées.
Bonus écologique : les plantes absorbent du CO₂ et, dans le cas d’Alinti, des espèces comme l’asparagus filtrent aussi des polluants.
Défis :
Faible densité énergétique : la production est limitée par la quantité d’exsudats et l’activité bactérienne.
Dépendance aux conditions environnementales : lumière, humidité et santé de la plante influencent le rendement.
Mise à l’échelle : passer d’un pot à une solution pour des villages entiers nécessite des améliorations techniques.
6. Applications et potentiel
La bioélectrochimie d’Alinti est un exemple de ce qu’on appelle la « biotechnologie verte ». Elle pourrait être utilisée non seulement pour l’électricité domestique, mais aussi pour des capteurs environnementaux ou des systèmes de dépollution des sols. Des recherches similaires explorent déjà les MFC pour traiter les eaux usées tout en produisant de l’énergie.
En conclusion, la bioélectrochimie derrière les plantes électriques d’Hernán Asto est une application élégante et pratique d’un domaine scientifique encore en développement. Elle montre comment des processus naturels peuvent être détournés pour répondre à des besoins humains avec un impact minimal sur l’environnement.
Frédéric Thomas est un pionnier de l’agriculture de conservation en France, connu pour son approche pragmatique et ses explications ancrées dans l’expérience terrain.
Frédéric Thomas, agriculteur et expert en agriculture de conservation des sols (ACS), a partagé lors de cette conférence son parcours et sa vision d’une agriculture durable, économique et respectueuse des écosystèmes. Voici les points clés :
Un choix économique initial Thomas a débuté l’ACS en 1996 pour des raisons pratiques et financières. Avec des sols médiocres, il cherchait une alternative viable nécessitant peu d’investissements : pas de gros tracteurs, pas de semoirs complexes ni d’outils coûteux. Cette approche minimaliste réduit les risques et les charges, tout en offrant une opportunité d’améliorer des terres difficiles. L’ACS s’est imposée comme une solution « gagnant-gagnant » pour l’agriculteur et le sol.
La photosynthèse, moteur universel Au cœur de son propos, Thomas insiste sur un principe fondamental : « Tout le vivant repose sur la photosynthèse. » Ce qu’on mange, ce qu’on cultive, tout découle de cette énergie solaire captée par les plantes. En ACS, maximiser la photosynthèse devient une stratégie clé pour régénérer les sols et soutenir la vie biologique, contrairement aux systèmes conventionnels qui épuisent les ressources.
Les couverts végétaux comme piliers Les couverts végétaux sont présentés comme une révolution dans la gestion des sols. Contrairement à l’idée reçue qu’il faut déchaumer pour « nettoyer » les champs, Thomas montre qu’un couvert bien implanté peut maintenir des parcelles propres, limiter l’érosion et enrichir le sol. Cependant, il souligne un point crucial : la réussite dépend de la qualité du semis du couvert. Un semis raté compromet ses bénéfices (fertilité, contrôle des adventices, protection du sol).
Une agriculture agile et vivante L’ACS, selon Thomas, repose sur trois principes : le semis direct (sans labour), des rotations diversifiées et une couverture permanente du sol via les couverts. Cette approche stimule la biologie du sol (vers de terre, micro-organismes) pour créer une structure naturelle, plus efficace que n’importe quel outil mécanique. Elle réduit les coûts (carburant, matériel) tout en augmentant la résilience des systèmes face aux aléas climatiques.
Réponses aux questions pratiques Face aux interrogations du public (« Et si on ne peut plus déchaumer ? »), Thomas rassure : les couverts, bien gérés, remplacent avantageusement le travail du sol. Il illustre son propos avec des exemples concrets, comme ceux observés « ce matin » (possiblement lors d’une démonstration terrain), où des champs sous couverts restaient propres et productifs.
Message central
Frédéric Thomas prône une transition vers une agriculture « agile », qui mise sur le vivant et l’énergie solaire plutôt que sur des intrants et des machines lourdes. Les couverts végétaux ne sont pas une contrainte, mais un levier pour améliorer la fertilité, réduire les coûts et s’adapter aux défis modernes. Son discours, accessible et étayé par 25 ans d’expérience, invite les agriculteurs à repenser leurs pratiques avec pragmatisme et optimisme.
Ce résumé reflète l’esprit de ses interventions habituelles, telles que celles disponibles sur le site agriculture-de-conservation.com ou dans ses ouvrages.
Photosynthese ….elle a tout créer…. merci le soleil !!
C’est une usine universelle gratuite avec mise à jour automatique…elle a tout construit sur cette planète , elle est à l’origine de toute la vie sur terre…. vous ne pouvez pas imaginer notre monde sans ce cadeau magique qu’est la photosynthèse
Si les humains devaient avoir un dieu a adoré, incontestablement, ce devrait être là photosynthèse
Comprendre l’utilité de la photosynthèse, c’est comprendre la vie sur terre
Pour bien fonctionner, elle a déjà besoin du soleil qui lui fournit une énergie infinie et gratuite…. ensuite, elle a créé elle-même ses bases de fonctionnement qui sont en gros, l’eau, la végétation, le sol, le carbone, les éléments fertilisants …. cette association a elle même créer le climat , la météo, les saisons avec la rotation de la planète, la biodiversité terrestre avec son influence sur la biodiversité marine….etc…ce travail de la photosynthèse est basé sur la globalité d’un tas d’éléments
Ne pas comprendre l’utilité de la photosynthèse rapidement pour les hommes, c’est se priver rapidement d’avenir durable ..se dire intelligent, c’est comprendre l’intelligence de la photosynthèse
C’est incroyable que le pétrole dont l’origine est la photosynthèse permet aux hommes de la détruire facilement aujourd’hui , on avait, on a d’autres utilisations plus pertinentes à faire avec l’énergie du pétrole dans l’intérêt de l’humanité….le bitume ce déchet empoisonné du pétrole contribue à l’imperméabilisation des sols souvent les plus fertiles dont la photosynthèse a tant besoin….les villes et agglomérations urbaines sont des foyers incontrôlables de sources de chaleur,de gaspillage d’eau et de photosynthèse
L’agriculture du pétrole n’a pas encore compris l’énorme intérêt agronomique des plantes de couverture, les complices incontournables du SCV de Lucien Seguy
Conséquences climatiques directes des pertes écosystémiques
La déforestation et la destruction des sols ne se contentent pas de libérer du CO₂, elles diminuent aussi la capacité des puits de carbone (forêts, tourbières, prairies).
Ces perturbations influencent aussi le climat via des changements d’albédo (réflectivité des surfaces) et des modifications du cycle de l’eau.
Liens avec la biodiversité et la résilience écologique
La perte de carbone s’accompagne souvent d’une perte de biodiversité et de services écosystémiques (régulation du climat, fertilité des sols, cycle de l’eau).
Des écosystèmes dégradés sont moins résilients face aux changements climatiques, ce qui peut créer des boucles de rétroaction négatives.
Perspectives de restauration
Mentionner des initiatives comme la reforestation, l’agriculture régénérative, la restauration des zones humides et des prairies.
Mettre en avant le rôle des solutions basées sur la nature pour restaurer le carbone perdu.
Considérations géographiques et sociétales
Les pertes de carbone ne sont pas uniformes : les tropiques ont perdu plus de carbone récemment, tandis que les zones tempérées avaient déjà subi des pertes historiques.
L’impact des pratiques agricoles intensives et de l’urbanisation sur ces pertes est importante.
La perte de photosynthèse depuis la présence humaine a eu des conséquences majeures sur ce constat et continue son accélération. La destruction des écosystèmes terrestres ne se limite pas seulement à la libération du carbone stocké dans la biomasse et les sols ; elle entraîne également une réduction significative de la capacité des plantes à absorber et fixer le carbone atmosphérique via la photosynthèse.
Conséquences de la perte de photosynthèse :
Diminution du puits de carbone naturel
La photosynthèse joue un rôle clé dans le cycle du carbone en absorbant le CO₂ atmosphérique.
La destruction des forêts et des zones humides réduit la surface végétalisée capable de capter le CO₂, aggravant ainsi l’accumulation du carbone dans l’atmosphère.
Rétroaction climatique négative
Moins de végétation signifie moins de captation de carbone, ce qui accélère l’augmentation du CO₂ atmosphérique.
L’élévation des températures et la modification des précipitations dues au changement climatique peuvent ensuite limiter davantage la croissance des plantes et donc leur capacité photosynthétique.
Impact sur le cycle de l’eau et le climat local
Les forêts et zones humides influencent l’évapotranspiration et la régulation des précipitations.
Moins de végétation entraîne une réduction des nuages et des précipitations, accentuant l’aridification de certaines régions, ce qui limite encore la régénération des écosystèmes.
Réduction de la production primaire nette (PPN)
La PPN (différence entre la photosynthèse et la respiration des plantes) est directement affectée.
Une baisse de la PPN signifie que les écosystèmes captent moins de carbone chaque année, ralentissant leur rôle de puits de carbone.
Pourquoi cet aspect est crucial dans l’estimation des pertes de carbone ?
Les pertes de carbone historiques des écosystèmes, ne se limitent pas à un événement ponctuel : elles entraînent une baisse continue de la capacité de la biosphère à absorber le CO₂. Autrement dit, au-delà des tonnages déjà libérés, la perte de la photosynthèse empêche l’absorption de centaines de gigatonnes supplémentaires qui auraient pu être captées si ces écosystèmes étaient intacts.
La déforestation et la destruction des écosystèmes ont considérablement réduit la capacité de la planète à absorber le dioxyde de carbone (CO₂). Voici quelques estimations illustrant cette diminution :
Réduction de la capacité d’absorption des forêts :
Forêts tropicales : Les forêts tropicales, qui stockent 20 à 50 fois plus de CO₂ que d’autres écosystèmes, ont vu leur superficie diminuer significativement. Cette perte entraîne une réduction proportionnelle de leur capacité à absorber le CO₂.
Impact des incendies et des sécheresses :
Effondrement des puits de carbone terrestres en 2023 : Des événements tels que les incendies massifs et les longues sécheresses ont conduit à une chute drastique de la capacité des écosystèmes terrestres à capter le CO₂, exacerbant ainsi le changement climatique.
Contribution des écosystèmes de carbone bleu :
Zones humides côtières : Les écosystèmes de carbone bleu, tels que les mangroves et les marais salants, représentent près de 50 % de l’enfouissement du carbone dans les sédiments marins, bien qu’ils occupent moins de 2 % de la superficie des océans. Leur dégradation libère jusqu’à un milliard de tonnes de CO₂ par an, soit près de 20 % des émissions mondiales dues à la déforestation.
Ces données soulignent l’importance cruciale de préserver et de restaurer les écosystèmes naturels pour maintenir leur rôle essentiel dans la régulation du climat en absorbant le CO₂ atmosphérique.
L’impact de la dégradation des écosystèmes sur leur rôle de tampon climatique
Les écosystèmes terrestres et marins jouent un rôle clé dans la régulation du climat en absorbant et stockant le dioxyde de carbone (CO₂). Leur destruction compromet cette fonction et aggrave le changement climatique de plusieurs manières.
1. Réduction des puits de carbone
Les forêts, les prairies, les zones humides et les océans absorbent environ 50 % des émissions anthropiques de CO₂ chaque année.
La déforestation, la dégradation des sols et l’assèchement des zones humides diminuent la capacité des écosystèmes à séquestrer le carbone.
Par exemple, la forêt amazonienne, autrefois considérée comme un puits de carbone, est désormais devenue une source nette de CO₂ dans certaines régions en raison de la déforestation et des incendies.
2. Accélération du réchauffement climatique
Moins d’absorption de CO₂ signifie une concentration atmosphérique plus élevée, ce qui accélère le réchauffement.
Les terres dégradées renvoient plus de chaleur dans l’atmosphère (effet d’albédo modifié), ce qui perturbe les cycles climatiques locaux et mondiaux.
La perte de couvert forestier réduit aussi l’humidité et modifie les régimes de précipitations, aggravant les sécheresses et rendant la végétation plus vulnérable.
3. Libération de carbone stocké dans les sols et la biomasse
Les écosystèmes terrestres contiennent des stocks massifs de carbone (forêts, tourbières, sols riches en matière organique).
Lorsque ces écosystèmes sont détruits, le CO₂ stocké est libéré, augmentant encore plus les émissions.
Par exemple, l’assèchement des tourbières peut libérer jusqu’à 2 gigatonnes de CO₂ par an, soit environ 5 % des émissions mondiales de carbone fossile.
4. Moins de résilience face aux événements climatiques extrêmes
Les écosystèmes sains absorbent les chocs climatiques en régulant les températures et l’humidité.
Leur dégradation rend les régions plus vulnérables aux vagues de chaleur, aux inondations et aux tempêtes.
La perte des mangroves et des récifs coralliens, par exemple, augmente la vulnérabilité des côtes aux tempêtes et à l’élévation du niveau de la mer.
Conclusion : Un cercle vicieux
La destruction des écosystèmes réduit leur capacité à absorber du CO₂, ce qui aggrave le réchauffement climatique et accélère encore plus leur dégradation. Pour briser ce cercle vicieux, la protection et la restauration des puits de carbone naturels sont essentielles.
Des solutions comme la reforestation, l’agroécologie et la conservation des zones humides pourraient permettre de restaurer cette fonction de tampon climatique et de réduire les impacts du changement climatique.
Comparaison avec les émissions anthropiques : un amplificateur du problème climatique Les pertes de carbone des écosystèmes terrestres ont joué un rôle majeur dans l’augmentation du CO₂ atmosphérique, bien avant l’ère industrielle. Comparer ces pertes aux émissions anthropiques actuelles permet de mieux comprendre leur impact global.
1. Une perte de carbone bien supérieure aux émissions fossiles historiques Depuis le Néolithique, la déforestation, la dégradation des sols et la conversion des écosystèmes en terres agricoles ont libéré 1 050 à 1 733 GtC (gigatonnes de carbone). En comparaison, les émissions de CO₂ liées à la combustion des énergies fossiles depuis 1850 sont estimées à environ 300 GtC. Ratio : Les pertes écosystémiques sont 3,5 à 5,8 fois supérieures aux émissions fossiles cumulées. 📌 Interprétation : La destruction des écosystèmes a été historiquement une source massive de CO₂, bien plus importante que l’utilisation des énergies fossiles jusqu’à aujourd’hui.
2. Une amplification du problème climatique par la perte des puits de carbone Chaque année, les écosystèmes terrestres absorbent environ 30 % des émissions anthropiques, soit environ 10 à 12 GtCO₂. Les océans en absorbent une quantité similaire (20 à 30 % des émissions). Mais avec la déforestation et la dégradation des sols, cette capacité d’absorption diminue, laissant plus de CO₂ dans l’atmosphère. 📌 Interprétation : Si ces écosystèmes étaient préservés, ils pourraient absorber une part encore plus importante des émissions fossiles et atténuer le réchauffement.
3. Une comparaison avec les émissions annuelles actuelles En 2023, les émissions mondiales de CO₂ issues des combustibles fossiles et de l’industrie ont atteint environ 40 GtCO₂ par an (soit 10,9 GtC/an). À titre de comparaison, la destruction des forêts tropicales entraîne une perte nette de 3 à 5 GtCO₂/an. L’assèchement des zones humides et la destruction des tourbières libèrent environ 2 GtCO₂/an. En ajoutant les autres types de dégradation des terres (cultures intensives, désertification), on atteint un total de 6 à 8 GtCO₂/an, soit environ 15 à 20 % des émissions humaines annuelles. 📌 Interprétation : Si nous mettions fin à la destruction des écosystèmes, nous pourrions réduire considérablement les émissions mondiales. Mieux encore, la restauration des écosystèmes permettrait d’augmenter la capacité de captation du CO₂.
Conclusion : Un double effet aggravant Les écosystèmes dégradés émettent du CO₂ au lieu de l’absorber, aggravant la concentration atmosphérique de carbone. Ils ne jouent plus leur rôle de puits de carbone, réduisant la capacité naturelle de la Terre à tempérer le changement climatique. 👉 La déforestation et la destruction des sols ne sont donc pas seulement une source d’émissions historiques : elles continuent aujourd’hui d’amplifier le problème climatique en réduisant notre capacité à le freiner. 💡 Solution : Stopper la destruction des écosystèmes et restaurer les puits de carbone naturels permettrait de réduire les émissions globales et de stabiliser le climat plus efficacement que des solutions technologiques seules.
Une comparaison avec les émissions anthropiques pour montrer à quel point cette perte amplifie le problème.
En résumé, la perte de la photosynthèse est une conséquence sous-jacente mais essentielle de la destruction des écosystèmes, qui aggrave encore davantage l’impact sur le cycle du carbone et le climat.
En appliquant une nouvelle méthodologie de flux de travail proposée (True Significant Trends, TST), nous révélons une tendance mondiale marquée au verdissement. Une partie importante de la surface terrestre terrestre présente une augmentation de la couverture végétale au cours des quatre dernières décennies, notamment en Eurasie. Chaque étape du flux de travail TST, intégrant le pré-blanchiment, la corrélation spatiale et croisée, ainsi que la correction FDR adaptative, améliore progressivement la précision de la détection des tendances significatives. La nouvelle méthodologie TST suggère que les méthodes conventionnelles utilisées jusqu’à présent pourraient surestimer les zones présentant des tendances NDVI significatives en raison de leur capacité limitée à contrôler les résultats erronés. En filtrant efficacement les résultats erronés à chaque étape, le flux de travail TST offre une compréhension plus fiable des tendances spatio-temporelles. Nous recommandons d’appliquer cette approche à différentes échelles et dans toute analyse de tendance impliquant des données spatio-temporelles afin d’améliorer la précision et la robustesse des résultats.
La photosynthèse est le pilier de la vie terrestre, convertissant l’énergie solaire en matière organique, soutenant la biodiversité, le climat et les cycles naturels. Gratuite et universelle, elle a façonné les écosystèmes en s’appuyant sur le soleil, l’eau, le sol et le carbone.
Il y a deux ans, avant le début des travaux, c’était un vrai désert, rien n’avait poussé ici depuis 40 ans. Quand le Programme alimentaire mondial de l’ONU a dit aux villageois qu’ils allaient redonner vie à cette terre dans le cadre du Grand Mur vert, tout le monde pensait que c’était impossible. Et pourtant, nous voilà en Afrique, dans le désert, au nord de Sagal, et la vie est de retour. Les enjeux n’ont jamais été aussi importants : quand le sol s’érode et que la terre devient un désert, les gens partent pour les villes, et des endroits comme celui-ci s’effondrent. Mais grâce à ce travail…
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« Des villageois et du programme alimentaire mondial en utilisant des techniques et des systèmes dont je vais vous parler dans cette vidéo. Les temps ont changé, et la richesse naturelle revient, ce qui aide les gens ici à améliorer leurs conditions de vie. Bienvenue au Sénégal ! Je suis ici pendant la saison des pluies pour voir le travail du grand mur vert d’Afrique. [Musique] Ma femme et moi, on a commencé à Dakar, une ville d’environ 4 millions d’habitants. C’est la plus grande ville du Sénégal et le point le plus à l’ouest de tout le continent africain. J’ai rencontré le programme alimentaire mondial. »
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« On était à Dar pour discuter de notre voyage, alors on a pris la route avec le Programme alimentaire mondial. C’était environ sept heures de route à travers le Sahel. L’écosystème a vraiment beaucoup changé dans la partie sud : les arbres étaient plus grands, éparpillés parmi les champs de mil. En allant vers le nord, les arbres devenaient de plus en plus petits. C’est la fin de la saison des pluies, et cette terre est aussi verte que possible en ce moment, c’est la meilleure période de l’année. Je n’ai jamais vu autant d’animaux en pâturage. Tout le Sahel ressemble à un grand pâturage à ciel ouvert. On a continué jusqu’à l’endroit où ça commence à devenir le Sahara. »
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« Désert qui est la rivière Sagal, on est ici à la rivière Sagal, qui fait la frontière entre Sagal et de l’autre côté, Morania. Quand on regarde depuis l’espace, on peut vraiment voir les dunes de sable latérales de Morania là où elles rencontrent la rivière Sagal. Cette rivière, c’est vraiment la limite entre le Sahara et le Sahel à plusieurs endroits. Donc, la rivière Sagal ici ne sert pas seulement de frontière entre Sagal et Morania, ni seulement de séparation entre le Sahel et le Sahara, mais si cette zone riveraine est végétalisée, ça pourrait représenter le premier… » Feel free to let me know if you need any adjustments!
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« Le Grand Mur Vert de l’Afrique est une vision audacieuse : c’est un projet pour planter une barrière d’arbres qui s’étendra sur toute la largeur du continent, de Sénégal à Djibouti. L’objectif de ce Grand Mur Vert, c’est d’arrêter l’expansion vers le sud du désert du Sahara, qui a déjà progressé d’environ 10 % ces 100 dernières années. Donc, on a le Sahara, ensuite le Sahel, puis la savane, et enfin la forêt tropicale. L’idée, c’est vraiment de créer une barrière d’arbres pour freiner cette avancée. »
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« J’suis ici sur le terrain, à la Grande Muraille Verte, pour montrer comment on peut restaurer des paysages dégradés. On peut garder le Sahara à distance, créer de l’abondance et permettre aux gens de vivre ici et de s’épanouir. On est sur un site de projet du PAM, dans une zone très dégradée. Au début, quand on a présenté le processus et l’idée, la communauté n’y croyait pas. Ils disaient : ‘Non, c’est pas vrai, c’est pas faisable, on peut pas récupérer cette terre.’ Ça fait plus de 40 ans qu’on est ici et rien ne pousse de ce côté. »
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Le processus a commencé avec une planification participative basée sur la communauté. À la fin de ce processus, on a convenu que l’une des actions majeures dans le projet de réclamation ou de récupération des terres était la création d’une sorte d’école. Ils viennent apprendre comment améliorer les choses, et les gens croient en ce projet, ils sont convaincus et engagés. Vous pouvez voir qu’au PAM, nous avons planté et réhabilité environ 300 000 hectares de terres ces dernières années, et ce que vous voyez ici, ce sont 30 hectares de ces 300 000. C’est une contribution au Grand Mur Vert, car le Grand Mur…
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Le mur, c’est un peu comme un patchwork, une mosaïque de forêts qui, ensemble, forment ce mur pour protéger le Sahel de l’envahissement du désert du Sahara. On travaille sur des terres dégradées et on essaie de les ramener à la vie, et ça passe par plusieurs étapes. Quand on commence avec un sol comme celui qu’on voit ici, qui est craquelé et brûlé par le soleil, il ne peut pas soutenir la moindre forme de vie. C’est littéralement aussi dur que du ciment, il n’y a aucune chance que des graines ou des plantes puissent s’enraciner ici. On le remet sur pied !
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« On ramène ça à la production pour que ça puisse nourrir les gens et les communautés, et que celles-ci puissent recommencer à prospérer. Mais attendez, il faut qu’on crée des structures de récupération d’eau pour garder l’eau sur place. Si on regarde le sol tel qu’il est maintenant, l’eau ne peut pas y rester, elle s’évacue et s’en va. Donc ces demi-lunes, c’est la première étape dans ce processus de réhabilitation et d’amélioration du sol. Ici, on a 7 500 demi-lunes, chacune ayant un diamètre de 4 mètres, et ça nécessite une personne pour… »
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« On creuse un demi-lune par jour. Cet endroit a été travaillé par une équipe de 150 personnes. Alors, comment ça marche ces demi-lunes ? En gros, quand il pleut, l’eau arrive ici et on a placé les demi-lunes sur des lignes de contour. Ça veut dire que quand la pluie tombe, l’eau s’écoule vers cette zone qui est un peu plus basse, ce qui permet de retenir l’eau. On crée aussi une levée un peu plus haute pour s’assurer que l’eau ne déborde pas. Du coup, l’eau reste ici et nourrit ces plantes. On utilise surtout des espèces locales comme le sorgho. »
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« Le millet a été domestiqué ici il y a des milliers d’années, il vient en fait du Sahel et produit une quantité impressionnante de biomasse. C’est donc parfait pour réhabiliter les terres tout en nourrissant les gens en même temps. Ce n’est pas nouveau, on n’a pas inventé une nouvelle technologie ici. La technologie du demi-lune est en réalité une technique endogène au Sahel, qui a été oubliée avec le temps. On l’a remise au goût du jour. Et le sérum que vous voyez derrière nous a poussé uniquement avec la pluie. »
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« En gros, environ 10 à 15 % de l’eau qui sera captée ici va s’infiltrer dans le sol et recharger les nappes phréatiques. Comme ça, on arrive à un équilibre au niveau de l’eau. On ne puise pas dans les ressources en eau, mais on s’assure qu’il y a suffisamment d’eau dans le sol pour les générations futures. Ensuite, on a un autre système qui consiste principalement à planter des rangées. On a des parterres de culture où on peut planter des tomates, du gombo, et ainsi de suite. Ici, on a des tranchées où on a planté du moringa, des pois de pigeon, et aussi d’autres choses. »
08:22
« On a de l’okra qui a poussé à l’état sauvage ici, et l’idée, c’est qu’on a des tranchées de biomasse qui vont nous fournir de la biomasse au fur et à mesure que le système se développe. Entre ces tranchées, on a des fosses de plantation où on a planté des arbres fruitiers, comme des goyaviers et des agrumes. C’est juste un tout premier pas dans ce projet pilote. On va aussi utiliser d’autres espèces natives qu’on va planter dans les fosses pour aider à régénérer le sol et le protéger, pendant que le système commence à croître et à produire de la nourriture et de la vie pour les gens. »
08:59
« Dans son état mature, ce système ressemblera à une forêt, d’accord ? Il y aura des rangées qui produiront de la biomasse et des fruits, et entre ces rangées, on cultivera des légumes. C’est exactement comme fonctionne la nature. On a découvert l’agriculture Copic, qui est un type d’agriculture de conservation développé au Brésil, basé sur les connaissances traditionnelles des peuples autochtones à travers le monde. Beaucoup de populations autochtones ont des méthodes agricoles traditionnelles similaires, qui diffèrent de… »
09:37
« L’agriculture conventionnelle et ce qui imite la dynamique des forêts. La prochaine étape, c’est qu’on va planter des arbres ici. Si on regarde l’immensité de cette zone, on peut mettre des milliers d’arbres dans ces structures. Parfois, quand tu viens dans les villages, tu ne vois personne, juste quelques animaux. Tu te dis : « Ok, je pense que les gens sont là. » En général, chaque année après la saison des pluies, la plupart des jeunes migrent vers Dakar et d’autres grandes villes de Sagal. C’est ce qu’on appelle la migration interne ou locale. Certains quittent Sagal pour aller ailleurs. »
10:20
« En Espagne, ce qu’ils vont faire, c’est l’agriculture qu’ils laissent derrière. Ils vont récolter des pommes là-bas, alors qu’ici, ils faisaient la même chose avant. Ils pensaient à comment migrer, mais maintenant ils ne pensent plus à ça. Avec ce B Hall qu’on a mis en place, on va travailler 12 mois sur la production de légumes. Maintenant, ces jeunes qui sont super importants pour la sécurité et le développement du village n’ont plus besoin de partir. Ce ne sont que les vieux qui restent au village, et ils vont contribuer à la dynamique locale. »
11:03
« Maintenant, la communauté est réunie, ils ont une vraie cohésion sociale. Ce projet était vraiment super intéressant parce que le Programme alimentaire mondial voulait montrer comment on pouvait transformer les zones les plus dévastées en endroits résilients qui produisent de la nourriture. Ils ont choisi de placer leur projet sur un paysage très dégradé, complètement ravagé, où il ne restait que de la terre compacte. C’est en fait la ligne de front du Grand Mur vert de l’Afrique, le fleuve Sagal, du moins pour cette région. C’est là que tu vas vraiment voir les choses. »
11:44
« La ligne de séparation entre le Sahara et le Sahel, donc le travail du PAM (Programme Alimentaire Mondial) s’attaque directement à ce problème sur le terrain avec le Grand Mur Vert de l’Afrique. »ToutSource : Andrew MillisonTerreauRegardées